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Carnet n° 4

Église Saint-Germain-des-Prés : histoire de la plus ancienne église de Paris

· 3 min de lecture
En bref

L’église Saint-Germain-des-Prés est l’ancienne abbatiale d’un monastère fondé vers 543 par le roi Childebert Ier, fils de Clovis, sur le conseil de Germain, évêque de Paris. Elle doit son nom à cet évêque, inhumé sur place en 576, et aux prés qui l’entouraient alors, hors de la ville. Son clocher-porche, élevé vers l’an mil, compte parmi les plus anciens de France.

Un monastère hors les murs

Au milieu du VIe siècle, Paris tient encore presque entière dans l’île de la Cité. Sur la rive gauche, à l’ouest, s’étendent des prés inondables le long de la Seine. C’est là que le roi mérovingien Childebert Ier, fils de Clovis, fonde vers 543 un monastère destiné à abriter des reliques rapportées d’Espagne, dont la tunique de saint Vincent de Saragosse. L’église est d’abord dédiée à la Sainte-Croix et à saint Vincent ; elle est consacrée en 558 par Germain, évêque de Paris, qui avait inspiré la fondation.

Germain meurt en 576 et il est inhumé dans l’église. Son culte grandit au point de supplanter les dédicaces d’origine : on finit par parler de Saint-Germain, et, pour le distinguer d’autres lieux du même nom, de Saint-Germain « des Prés ». Le quartier qui s’est bâti autour a gardé le nom.

Nécropole des rois, puis grande abbaye

Pendant plus d’un siècle, l’abbatiale sert de lieu de sépulture à plusieurs rois et reines mérovingiens, à commencer par Childebert lui-même. Au IXe siècle, les raids normands remontent la Seine et pillent l’abbaye à plusieurs reprises. La reconstruction commence à la fin du Xe siècle : de cette époque date la tour-porche de l’entrée, l’un des plus anciens clochers conservés en France.

Le chœur est reconstruit au XIIe siècle et consacré en 1163 par le pape Alexandre III. L’abbaye devient l’une des plus puissantes du royaume, avec sa propre juridiction, ses terres et, du XVIIe siècle jusqu’à la Révolution, un foyer d’érudition animé par les bénédictins de la congrégation de Saint-Maur.

Révolution et renaissance

L’abbaye est supprimée en 1790. Les bâtiments conventuels servent notamment à entreposer du salpêtre, et un incendie ravage en 1794 une partie des bâtiments et de la bibliothèque. L’église est rendue au culte au début du XIXe siècle. Entre 1842 et 1863, le peintre Hippolyte Flandrin, élève d’Ingres, couvre la nef et le chœur de grandes peintures murales. Une campagne de restauration achevée au début des années 2020 leur a rendu leurs couleurs.

Ce qu’il faut regarder

  • la tour-porche romane de la façade, sur la place Saint-Germain-des-Prés ;
  • les chapiteaux du chœur et les peintures de Flandrin dans la nef ;
  • la sépulture de René Descartes, dont une partie des restes a été déposée dans l’église en 1819 ;
  • le tombeau de Jean II Casimir, roi de Pologne devenu abbé de Saint-Germain.

En sortant, le square Laurent-Prache, contre le flanc nord, conserve quelques vestiges de l’ancienne chapelle de la Vierge. Le palais abbatial, rue de l’Abbaye, rappelle l’étendue de l’ancien monastère.

Questions fréquentes

Pourquoi dit-on Saint-Germain « des Prés » ?

Parce que l’abbaye a été fondée au VIe siècle au milieu de prairies, hors de la ville de l’époque, et qu’elle porte le nom de Germain, évêque de Paris inhumé sur place en 576.

Quelle est la plus ancienne église de Paris ?

L’abbatiale de Saint-Germain-des-Prés est généralement présentée comme la plus ancienne église de Paris : sa fondation remonte au VIe siècle et sa tour-porche à l’an mil environ.

Descartes est-il enterré à Saint-Germain-des-Prés ?

Une partie des restes de René Descartes, mort à Stockholm en 1650, y a été déposée en 1819.

L’église se visite-t-elle ?

Oui, l’église est ouverte au public en dehors des offices, place Saint-Germain-des-Prés, dans le 6e arrondissement.

Sources

  1. Église Saint-Germain-des-Prés de Paris, Wikipédia
  2. Abbaye de Saint-Germain-des-Prés, Wikipédia
  3. Germain de Paris, Wikipédia

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