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Carnet n° 8

Juliette Gréco, la muse de Saint-Germain-des-Prés

· 3 min de lecture
En bref

Juliette Gréco (1927-2020) devient à la Libération la figure féminine de Saint-Germain-des-Prés, habituée des caves comme le Tabou. Jean-Paul Sartre lui offre « La rue des Blancs-Manteaux » et Raymond Queneau « Si tu t’imagines ». Elle débute sur scène en 1949 et mène ensuite une carrière de plus de soixante ans.

Une jeunesse marquée par la guerre

Juliette Gréco naît à Montpellier en 1927. Pendant l’Occupation, sa mère et sa sœur aînée, engagées dans la Résistance, sont arrêtées et déportées ; elle-même est détenue quelque temps à Fresnes en 1943. À la Libération, sa mère et sa sœur reviennent de Ravensbrück. Jeune fille sans argent, elle vit alors à Saint-Germain-des-Prés, dans un quartier qui devient le centre de la vie intellectuelle parisienne.

Les caves de Saint-Germain

Au lendemain de la guerre, la jeunesse du quartier descend dans les caves pour écouter du jazz et danser. En 1947, le Tabou, rue Dauphine, devient le lieu à la mode ; la presse s’empare du phénomène et invente « les existentialistes ». Gréco, cheveux longs et vêtements noirs, y devient une silhouette célèbre avant même de chanter. Elle fréquente Boris Vian, Anne-Marie Cazalis, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir et Maurice Merleau-Ponty.

Des poètes pour une voix

Sartre l’encourage à chanter et lui donne « La rue des Blancs-Manteaux », tirée de sa pièce « Huis clos ». Raymond Queneau lui offre « Si tu t’imagines », mis en musique par Joseph Kosma. Elle fait ses débuts en 1949 au cabaret Le Bœuf sur le toit. La même année, elle rencontre le trompettiste Miles Davis, de passage à Paris pour le festival de jazz : une histoire d’amour qu’ils ont tous deux racontée plus tard.

Jean Cocteau lui confie un rôle dans « Orphée » (1950). Suivent des disques, le Grand Prix du disque, puis une carrière internationale où elle chante Prévert, Mac Orlan, Gainsbourg, Brel ou Ferré. En 1967, « Déshabillez-moi » lui donne un de ses plus grands succès populaires.

Une image du quartier

Pour beaucoup, Gréco reste l’image vivante du Saint-Germain-des-Prés d’après-guerre : la nuit, les caves, le noir, la poésie chantée. Elle meurt en septembre 2020 à Ramatuelle, à 93 ans.

Questions fréquentes

Pourquoi Juliette Gréco est-elle associée à Saint-Germain-des-Prés ?

Elle y a vécu à la Libération et a été l’une des figures des caves du quartier, comme le Tabou, au temps de la vogue « existentialiste », avant d’y lancer sa carrière de chanteuse.

Quelle chanson Sartre a-t-il écrite pour Juliette Gréco ?

« La rue des Blancs-Manteaux », tirée de sa pièce « Huis clos ».

Quand Juliette Gréco est-elle morte ?

Le 23 septembre 2020, à Ramatuelle, à l’âge de 93 ans.

Qu’était le Tabou ?

Une cave de la rue Dauphine ouverte en 1947, où l’on écoutait du jazz ; elle est devenue le symbole de la jeunesse de Saint-Germain-des-Prés d’après-guerre.

Sources

  1. Juliette Gréco, Wikipédia
  2. Le Tabou (club), Wikipédia
  3. Si tu t’imagines, Wikipédia

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